
Amazigh ou arabe, musulmans ou juifs, nous tous des marocains.
Il suffit de voir les statuts de facebook, twitter ou autre, suite à la disparition du grand Simon Levy et de notre grand artiste Rouicha, que de messages de condoléances et de solidarité ! Le Maroc tout entier est en deuil, on ne se pose même pas la question, s’il est amazigh, fassi, doukkali , sahraoui ou autre….pas un instant la question de la religion ne nous a effleurés, ni de savoir comment il faisait sa prière, est ce qu’il parlait arabe, riffi ou hassani …
Tout ce qui nous vient à l’esprit, c’est que le Maroc a perdu l’une de ces grandes icônes, que nous en tant que marocains nous avons perdu un concitoyen, une idole, un exemple qui nous rendait fiers. Ils resteront à jamais dans la mémoire collective parce qu’ils ont marqué nos vies et ils ont laissé une empreinte indélébile dans notre histoire. De grands noms que nous répétons tout en mentionnant qu’ils viennent de chez nous.
On ne se rappelle ce que ces personnes ont fait pour notre pays. Chacun d’eux, grands hommes et femmes, ont prouvé leur marocanité, leur patriotisme, leur citoyenneté en militant pour une cause, pour faire avancer notre patrie que ce soit au niveau économique, social, politique, culturel, ou environnemental, tout en gardant leur spécificité. Le Maroc pleure Rouicha parce qu’il chantait en langue amazigh pour tous les marocains, et les marocains l’adoraient parce qu’il était ce lien entre ceux qui ne parlaient pas la même langue et partageaient la culture amazigh…je n’oublierai jamais le jour où il est venu chanter au mariage d’une cousine à Fès mariée à un amazigh. Nous étions tous contents, on ne comprenait pas les paroles mais on vivait l’émotion avec la musique et le charme de sa voix, on se précipitait pour prendre des photos avec lui normal c’est notre star Marocaine avec un « M ».
.Je me souviens aussi quand mon père écoutait ses chansons l’après midi des weekends même s’il n’est pas amazigh et qu’il ne comprend pas les paroles. C’est ça le Maroc, avec sa diversité, sa pluralité, il y a ce respect mutuel, cet amour et cette union que personne ne pourra remettre en question.
VIVE le Maroc pluriel.
Loubna Karroum : doctorante en économie, consultante en free lance,militante associative.